LA METEORITE

     
     L’année prochaine, nous fêterons le bicentenaire de la météorite de L’Aigle. Nous avons commencé à faire des recherches cette année  sur l’histoire de cette fameuse météorite. Pour commencer, nous nous sommes posés des questions.

1- En quelle année , mois , jour et heure la météorite est-elle tombée ?
2- Où a-t-elle atterri exactement ?
3- A-t-elle atterri sur des maisons, sur des gens  ou des animaux ?
4- Est-ce que ça a fait du bruit en tombant ?
5- Y a-t-il eu du feu ?
6- Comment était la météorite dans le ciel ?
7- Quelle taille avait-elle ? Combien pesait-elle ?
8- Ya-t-il eu des traces par terre ?
9- Reste-il encore des morceaux de la météorite ? Où sont-ils ?
10- Le Bois de la Pierre près de L’Aigle a-t-il un rapport avec la météorite ?

Pour répondre à ces questions nous avons fait des recherches dans le rapport de M.J-B Biot.

Qui était Jean-Baptiste BIOT ?
 



Jean-Baptiste Biot est né à Paris en 1774. En 1797, il est professeur à l’Ecole Centrale de Beauvais. Trois ans plus tard, il devient professeur de physique au Collège de France et entre à l’Académie des sciences en 1803, ainsi qu’à l’Observatoire de Paris où il fera partie du bureau des longitudes. C’est à cette époque qu’il part dans la région de L’Aigle mener son enquête.
Suite à cette enquête, il reconnaît l’origine céleste des météorites après examen des échantillons ramassés dans les environs de L’Aigle.


Près d’Alençon :

C’est le courrier de Brest à Paris qui raconte à M. Biot :
“C’était le mardi 26 avril 1803, à neuf lieues par-delà Alençon, entre Saint-Rieux et Pré en Pail. J’ai vu  dans le ciel un globe de feu qui parut, par un temps serein, du côté de Mortagne et sembla tomber vers le Nord.  Quelques instants après, j’ai entendu un grand bruit semblable à celui du tonnerre ou au roulement continu d’une voiture sur le pavé. Ce bruit dura plusieurs minutes , et fut sensible, malgré celui de la chaise de poste qui roulait alors sur la terre. Cette vue m’ayant étonnée, j’ai regardé ma montre : il était midi trois quarts.”
 

Sur la route d’Argentan, un homme raconte à Mr Biot.
    « Je me rappelle bien le jour et l’heure que c’est arrivé; j’étais occupé à écrire lorsque j’ai entendu une explosion. Ma fenêtre étant ouverte et donnant du côté nord, j’ai levé la tête pour savoir d’où venait le bruit.; mais à mon grand étonnement j’ai vu que le ciel était serein et je n’ai rien  aperçu dans l’air. Des gens qui venaient de Caen m’ont dit qu’ils avaient entendu le même bruit.

Sur la route de Sées à Nonant le Pin.

Les habitants ont très distinctement entendu l’explosion du météore. Elle les a fort épouvantés; ils la comparent au bruit d’une  voiture roulant sur le pavé, ou à celui d’un feu violent dans une cheminée. Des employés aux barrières qui étaient couchés au bord de la route, se relevèrent tout effrayés.

A LA VASSOLERIE
 Un père de famille raconte à M. Biot :
  “ Je revenais de L’Aigle avec ma femme et ma belle fille. On a  entendu tout à coup dans l’air un bruit de tonnerre extraordinaire, accompagné d’un roulement semblable à celui d’un grand feu dans une cheminée. Il n’y avait presque point de nuages d’ans l’air, si ce n’est un petit nuage noir , et quelques autres comme on en voit fréquemment, mais pas d’apparence d’orage.Ce bruit semblait partir du petit nuage, et s’éloignait devant nous en soufflant et bourdonnant toujours. Nous avons eu  tous les trois très peur. Ma belle-fille s’est  trouvée mal, et moi, je ne pouvais plus parler. Ce bruit effrayant ne dura que quelques minutes. En arrivant chez nous, on a vu tous nos voisins assemblés. On a  cru qu’il était arrivé quelque malheur pendant notre absence : on s’est approchés, et on nous a  montré la masse qui  venait d’être déterrée. Je l’ai pesée aussitôt : elle pesait: 17 livres 1/2 ( 8K65 )
Dans un champ près du FONTENIL
Un berger raconte:
 “Une pierre est passée en sifflant au dessus- de ma tête et m’a fait très peur. Cette pierre est tombée à vingt pas de moi. Les moutons épouvantés par le bruit se sont serrés les uns contre les autres.
Au CHÂTEAU DE FONTENIL
Le concierge du château raconte : 
  “ J’ai  entendu plusieurs coups violents, semblables à des coups de canon, suivis d’un bourdonnement pareil à celui du feu dans une cheminée. Tout à coup,  on a  entendu sur la terre de l’enclos qui environne le château un grand coup sourd, comme d’un grand arbre qui tomberait après avoir été ébranché. Les ouvriers qui travaillaient dans un bois voisins ont accouru à ce bruit; les bestiaux effrayés se sont précipités où s’était fait la chute.
Un jeune homme de 15 ans : 
   “ J’ai vu tomber une pierre : on s’est approché et on en a retiré une du poids de trois livres. Elle avait fait dans la terre un trou de 18 pouces de profondeur.

Le hameau de LA METONNERIE
Les habitants de cette ferme racontent:
  On a  vu  un nuage au dessus de notre  tête. On a entendu une explosion. On a vu tomber deux pierres dans la cour, tout auprès de nous.; l’une a sifflé en tombant : elle était brûlante, car la terre a fumé tout à l'entour. On n’a pas osé la retirer aussitôt tellement on avait peur; on ne l’a retirer que le lendemain.Une autre pierre est tombée dans un haie.: on l’a cherchée longtemps mais on n’a pas pu la trouver.

SAINT-NICOLAS-DE-SOMMAIRE
Le curé raconte :
J’étais en train de regarder  le nuage d’où l’explosion est partie. C’était un carré long, dont le plus grand côté était dirigé est et ouest ; il semblait immobile, et il en sortait un grand bruit continuel semblable au roulement d’un grand nombre de tambours; puis on a entendu les pierres siffler dans l’air comme un balle qui passe et tomber sur la  terre en rendant un coup sourd . J’ai remarqué que le nuage décrépitait successivement de différents côtés, et chacune de ces explosions ressemblait au bruit d’un pétard. J’ai entendu tomber ces pierres  sans les voir dans leur chute.
 

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